Papers1 provider · 1 record
January 1, 2021· Les cahiers de Mariemont
article
Open access

L’art de la réplique à l’ère numérique. À partir de quelques projets d’Olivier Laric

Abstract

La généralisation des technologies numériques et du Web a favorisé les démarches de reproduction, allant du remake au remix, de l’œuvre « d’après » à la réplique. Ces approches, qui s’inscrivent dans un contexte encourageant des pratiques de « postproduc-tion » (N. Bourriaud) dans les années 1990, impliquent de considérer que l’œuvre se conçoit au sein d’un cycle et que la reprise de celle-ci, loin de l’épuiser, la renouvelle. La réplique s’entend alors comme une réponse à une œuvre initiale au sein d’une culture numérique valorisant le partage, la circulation des données, des images et des motifs, ainsi que leur recyclage de toutes sortes. Dans ce contexte, le geste de copie n’entraînerait pas nécessairement une perte d’aura (W. Benjamin). À partir d’un corpus exemplaire d’œuvres récentes, de l’artiste au-trichien Oliver Laric en particulier et de son usage du scannage 3D, ainsi que d’artistes d’une génération dite « post-internet » travaillant l’impact d’internet et des technologies numériques, explorant les gestes de copie, les stratégies de circulation des œuvres en ligne et la redéfinition de l’objet unique (Eva et Franco Mattes, Michael Mandiberg, Seth Price, Artie Vierkant) ainsi que des effets de la reproduction numérique (Albertine Meunier, Corinne Vionnet, Pete Ashton), cet article propose d’analyser les pratiques de réplique encouragées par la révolution numérique et souhaite discuter de la hiérarchie des valeurs qu’elle redistribue, la question des similitudes et des effets de variation dont les artistes contem-porains examinent les modalités. Les formes de réplique de l’art « post-internet » évacuent-elles de plus les notions d’originalité et d’authenticité ? En envisageant la réplique comme un geste créatif lié à la cul-ture du Web et à sa valorisation de l’appropriabilité (A. Gunthert), cet article souhaite montrer que la démarche de réplique, loin d’épuiser le concept d’aura, le prolonge en l’intégrant dans la circulation des objets et des formes à l’ère d’internet, à une époque où le marché de l’art numérique est bousculé par l’es-sor des NFT (« non-fungible token » ).

Community

0 comments
Use Connect Wallet in the navigation

No discussion yet

Be the first to share a question or observation.